Grand Hôpital de Charleroi – Retour d’expérience de François LAHOUSTE (AtomBIM)

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La plateforme collaborative AxeoBIM a été retenue par la société Atombim sur le projet du Grand Hôpital de Charleroi.
Grand Hôpital de Charleroi : propriété (c) VKRA VK Architect & Reservoir A

La plateforme collaborative AxeoBIM a été retenue sur le projet du Grand Hôpital de Charleroi par la société AtomBIM. François Lahouste, BIM Manager et Responsable de Synthèse BIM chez AtomBIM nous partage un premier retour d’expérience sur ce projet.

Peux-tu te présenter ainsi qu’AtomBIM ?

François LAHOUSTE, 50 ans et bientôt 30 ans d’expérience dans le domaine de la maîtrise d’œuvre. Je me présente souvent comme étant un geek des années 80, d’abord parce que l’informatique a toujours été l’ossature de ma carrière professionnelle, en commençant par la 2D puis la 3D pour arriver jusqu’au BIM début des années 2010. En 2013 j’ai eu l’occasion de participer à la création d’un site qui s’appelait « AROBIM » et qui se proposait de vulgariser des concepts liés au BIM ainsi que de distribuer gratuitement une revue à ce sujet.

Je suis passé par la maîtrise d’œuvre en cabinet d’architecte puis par la synthèse technique et architecturale. En 2017, j’ai été responsable de la section BIM du groupe PROJEX INGENIERIE (la société PROBIM) qui venait de se créer.
Courant mars 2021, j’ai débuté un nouveau projet en rejoignant la société AtomBIM composée de deux anciens collègues et de deux architectes qui ont un peu le même cursus et les mêmes appétences que moi dans le domaine informatique et du BIM.

La société faisait essentiellement de la modélisation, l’idée était de l’orienter vers le BIM Management ainsi que la synthèse technique Full BIM (utilisation exclusive des maquettes et des données contenues pour faire la mission de synthèse technique), qui consiste en la coordination spatiale des techniques du bâtiment, mais aussi de la modélisation BIM. Nous nous occupons aussi de tout ce qui concerne la mise au standard BIM, que ce soit en close BIM (Revit) ou Open BIM (IFC).

Peux-tu nous présenter le projet du Grand Hôpital de Charleroi ?

Le projet du GHDC est le résultat de la volonté de réunification de différents sites hospitaliers. L’objectif est de rassembler l’ensemble des hôpitaux sur un site qui va se traduire par cette opération assez exceptionnelle.

Il s’agit de la construction d’un Hôpital d’une surface de 155.000 m². Sur le projet nous sommes en charge de la mission de BIM Management ainsi que de la synthèse technique. Nous avons environ une vingtaine de sociétés à coordonner et cela représente à peu près une cinquantaine de maquettes numériques.

La particularité à prendre en compte par rapport à la France est que le gros œuvre est fait en amont de l’intervention des lots techniques. En France on va coordonner des réservations qui vont être intégrées dans les coffrages et les banchages. Alors que nous, nous allons coordonner les techniques et organiser des percées dans les dalles et les parois.

Pour que cette méthode fonctionne, la structure est dimensionnée et prévue pour être carottée avec un ensemble de règles de modélisation et d’organisation assez strictes à respecter. Il faudra bien en prendre compte au moment de la synthèse. Ces infos doivent pouvoir être transmises de façon cohérente à l’ensemble des participants concernés.

J’avais déjà eu l’occasion de travailler sur un projet du même type en 2015, le Centre Hospitalier Interrégional Edith Cavell à Bruxelles (CHIREC) qui présentait plusieurs similarités, au niveau de la nature du projet, sa surface (110.000m²) ou encore les motivations du projet (réunification de différents sites). A l’époque j’avais innové en mettant en place une méthode Full BIM pour la synthèse.

Quels sont vos besoins collaboratifs sur le projet du Grand Hôpital de Charleroi ?

Pour ce projet, il nous fallait mettre en place toute la démarche collaborative nécessaire au processus BIM en EXE avec pour objectif d’obtenir in fine un dossier As-built numérique.

Parmi les « bonnes nouvelles », l’ensemble des participants utilise le logiciel Revit d’Autodesk, ce qui permet de faire plus de choses et d’aller plus loin sur la convention BIM. Après les difficultés sont principalement venues du fait qu’il y a un nombre conséquent de participants.

Il y a un allotissement du projet, mais dans chaque lot il y a plusieurs sociétés. On se retrouve au final avec un nombre de participants important, qui a des maturités différentes en termes de BIM (cela serait aussi vrai en France, ce n’est pas une particularité). Compte tenu de la maturité et du nombre d’entreprises, nous avons fait le choix de travailler avec un processus BIM de niveau 2.

Il faut donc arriver à fédérer tout ce monde-là, arriver à se retrouver tous autour d’une même méthodologie et cela demande un effort. Nous y arrivons par la pédagogie et non pas en imposant les choses. Il faut expliquer les intérêts qui existent en travaillant de cette façon et un des enjeux pour y arriver est de proposer les bons outils pour que les intervenants comprennent rapidement.

Nous avions besoin d’une plateforme collaborative BIM qui doit pouvoir facilement gérer et supporter une multitude de documents (environ 15.000 documents pour le CHIREC de Bruxelles par exemple). Même si nous ne sommes pas AMO BIM, nous avons quand même en tant que BIM Manager un rôle de conseil auprès du maître d’ouvrage et nous avons donc pu échanger avec lui sur les différentes solutions logicielles.

Pourquoi avoir choisi AxeoBIM sur ce projet ?

Il nous fallait une solution qui soit non seulement une plateforme collaborative BIM, mais aussi ayant une partie gestion documentaire (GED) robuste.

AxeoBIM est la plateforme qui réunissait cette double réponse, en gérant à la fois les différents formats de fichiers (Revit, Navisworks, IFC), l’ensemble des documents du projet dans le respect de la convention de nommage, mais aussi offrant la possibilité de gérer les workflows de validation « bon pour synthèse » « bon pour exécution ».

Un autre outil extrêmement important pour notre projet est la gestion des observations (au format BCF). AxeoBIM proposait cette fonction, mais le projet sur lequel je participe, pour la partie synthèse, nous permet d’aller plus loin (intégration à Navisworks).

L’idée d’avoir une plateforme qui permette à la fois de gérer l’ensemble des documents du projet, visualiser des maquettes et gérer les observations, tout-en-un nous a séduit.

En collaboration avec notre pôle produit, tu as participé au développement du plugin Navisworks d’AxeoBIM. Peux-tu nous partager ce qui t’a motivé sur ce projet ?

La transmission a toujours été un élément important. Avec ProBIM, ou à l’époque d’AROBIM il y a 10 ans de cela, nous faisions beaucoup de présentations pédagogiques sur le BIM. Aujourd’hui, j’ai toujours cette envie de partager, je suis formateur à l’Université Catholique de Louvin et à l’HEI (Haute études d’ingénieurs de Lille) où j’accompagne des étudiants alternants dans leur cursus BIM.

Quand nous avons su qu’AxeoBIM voulait développer cet outil, tout de suite nous nous sommes proposés de participer au développement. Aider au développement du BIM est l’une de nos motivations et cela passe aussi par le fait de participer au développement des solutions/logiciels qui gravitent autour du BIM. Participer à ce projet est quelque chose d’intéressant, mais aussi de gratifiant, dans la mesure où l’outil développé (en plus de nous aider chez AtomBIM dans notre travail sur des projets comme le GHDC), va pouvoir aider tous ceux qui l’utiliseront sur d’autres

Merci François pour cet échange et pour cette collaboration.

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