ISO 19650 : de la plateforme collaborative BIM au “Common Data Environment”

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Introduction : le BIM et la collaboration

Le BIM au sens « Building Information Modeling » est un processus collaboratif de création et de gestion d’un modèle numérique représentant un projet (bâtiment, infrastructure, ouvrage d’art…).

Ce modèle numérique contient des informations de natures différentes : fichiers ou données (souvent appelées « data ») ; elles concernent des domaines différents (architectural, structurel, énergétique, environnemental, etc.) et sont présentes dans toutes les phases, de la programmation à la GEM (Gestion / Exploitation / Maintenance) en passant par la Conception, la Construction et le « DOE Numérique (« as built »). Ces informations peuvent être aussi bien graphiques que non graphiques et leur proportion varie selon la phase.

Répartition des informations graphiques et non graphiques selon les phases d’un bâtiment
Source : FM System

Lorsque la diffusion du BIM a réellement débuté en France en 2015, les équipes BIM ont naturellement commencé à déployer des « outils d’ingénierie concomitante » pour faciliter leur collaboration. En effet, les mails et les solutions de transfert de gros fichiers ne permettent pas un travail collaboratif ; de plus, leur utilisation est souvent synonyme d’infobésité ! Aussi, pour optimiser la gestion des informations liées au projet, les équipes BIM se sont dotées d’espaces de travail partagés pour faciliter l’accès à des données à jour et validées. A l’époque, concrètement, les BIM Managers ont déployé des GED (Gestion Electronique de Documents) améliorées, avec au minimum une visionneuse 3D intégrée et quelques « fonctions BIM » permettant par exemple la validation des maquettes numériques.

C’est ainsi que les « plateformes collaboratives BIM » se sont alors répandues et progressivement imposées.

De la plateforme collaborative à l’Environnement de Données Commun

Ce sont les normes anglaises BS et PAS 1192 qui, les premières, ont défini les processus BIM dans leur globalité ; elles ont imposé l’idée que les plateformes collaboratives devaient également structurer la démarche BIM du projet. Elles ont fait naitre le concept de Common Data Environment [CDE] en anglais, que nous traduisons par « Environnement de Données Commun » (EDC).

Ainsi, progressivement, les plateformes collaboratives se sont enrichies de nouvelles fonctions matérialisant « vraiment » le processus BIM.

Depuis début 2018, la norme ISO 19650-1:2018précise l’organisation et la numérisation des informations relatives aux bâtiments et ouvrages de génie civil, y compris la modélisation des informations de la construction (BIM). Cette norme précise : « Les échanges d’informations concernent le partage et la coordination de l’information par le biais d’un environnement de données commun, en utilisant des procédures de fonctionnement clairement définies pour permettre une approche cohérente par toutes les organisations impliquées. »  

Qu’est-ce qu’un Environnement de Données Commun ?

Conformément à la norme ISO 19650, l’Environnement de Données Commun devient la source unique d’informations d’un projet ; l’EDC est utilisé pour collecter, gérer et diffuser chaque élément du modèle d’informations selon des processus gérés. Il doit se structurer en 4 sections différentes, qui représentent les différentes étapes de publication des documents :

  • « Travail en cours » de développement (ou « Work In Progess » [WIP] en anglais) ;
  • « Partagé » (ou « Shared » en anglais);
  • « Publié » (ou « Published Documentation » en anglais);
  • « Archives » (ou « Archive » en anglais).
Schéma de principe d’un Environnement Commun de Données (EDC)
Source : traduction du BS1192-2-2013, © The British Standards Institution

La mise en place d’un Environnement de Données Commun passe par le déploiement d’une plateforme collaborative, qui doit s’inscrire dans une infrastructure numérique comprenant les outils collaboratifs, métiers ainsi que les simulateurs.

L’EDC doit satisfaire les aspects suivants :

  • L’accessibilité, selon les droits d’accès en vigueur sur le projet, pour toutes les parties prenantes du projet ;
  • La capacité de stocker, de façon sécurisée, l’ensemble des fichiers et des informations utilisés sur le projet ;
  • La conservation de l’historique (traçabilité) et le versioning des documents du projet.
  • Des outils de collaboration ;
  • Une visionneuse intégrée pour lire les livrables (maquettes 3D, plans 2D et autres documents demandés ;
  • La possibilité de déléguer des actions via des circuits de validation et de suivi du projet avec notamment un tableau de bord et des indicateurs.

Un « Environnement de Données Commun » est donc une « plateforme collaborative BIM » alors qu’une « plateforme collaborative BIM » n’est pas forcément un EDC.

L’EDC respecte la norme ISO 19650 et permet à l’équipe BIM de réussir ses missions en faisant circuler les informations entre les différentes parties prenantes dans le respect du process BIM du projet.

Comment choisir son Environnement de Données Commun ?

Concrètement, les questions que vous devez vous poser concernent essentiellement la facilité d’utilisation, les fonctions et les services dont vous avez besoin. Pour aller plus loin, les aspects liés à la robustesse des solutions envisagées et à la pérennité des sociétés qui les portent ne sont pas à négliger. Si choisir un EDC n’est pas évident, changer en cours de projet l’est encore moins ! Pour vous accompagner dans votre décision concernant votre futur EDC, nous vous invitons à télécharger gratuitement, notre livre blanc qui vous permettra de créer, en toute impartialité, votre grille de sélection de votre plateforme BIM / Environnement de Donnée Commun (EDC) !

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